Contre les franchises, des malades font la grève des soins

 

C’est une action inédite, et les associations de malades sont désarçonnées par ce geste singulier de révolte, mais toutes ne peuvent que le soutenir. Au début de ce mois, Bruno-Pascal Chevalier, séropositif, a décidé une grève des soins en signe de protestation devant l’instauration des franchises médicales.

Une démarche rarissime. Et il l’a fait savoir, en écrivant début janvier au président de la République. «Monsieur le Président, je suis atteint d’une affection longue durée, le sida. Par ailleurs, je suis travailleur social et engagé dans diverses associations citoyennes de solidarité. La mise en place de la mesure de la franchise médicale m’oblige à payer 50 euros par an d’impôt supplémentaire par le seul fait que je sois malade…. Avec la franchise médicale, chacun de nous se sent responsable, voire coupable d’être malade, et par cette faute nous allons devoir payer pour l’accès à ce droit fondamental qu’est celui de la santé. Monsieur le Président, je vous fais part officiellement de ma grève de soins que j’entame aujourd’hui en soutien à toutes les victimes de la mise en place de la franchise médicale.»

Silence. Et pour lever tous les doutes, il précise : «Je mène cette action en pleine conscience des risques… Sachez que la franchise médicale va pousser silencieusement beaucoup de malades à prendre la même décision que moi au risque de sacrifier leur vie.»

Les franchises sont en application depuis le 1er janvier, entraînant de fortes réactions politiques de rejet. Ce mouvement personnel de grève peut-il prendre de l’ampleur ? Trois autres malades ont décidé de s’y joindre. L’un est insuffisant rénal et a choisi une grève de la faim - une grève des soins serait, pour lui, immédiatement mortelle. Un diabétique vient de s’y joindre. Un autre, encore, a écrit : «J’ai pris la grave décision au 1er janvier 2008 de stopper toute prise de médicaments. En fait, je fais une grève non pas de la faim mais de médicaments. Je mets sciemment ma vie en danger en faisant cet acte. Il me reste pour vivre 330 euros après avoir payé mes auxiliaires de vie». Et d’expliquer comment, entre l’euro qu’il doit payer à chaque consultation et les différents tickets modérateurs, sa santé a désormais un coût qu’il ne peut plus supporter.

«Avenir». Quelques jours après, Nicolas Sarkozy a répondu à Bruno-Pascal Chevalier. «Sensible à votre cas, lui dit le Président, je vous invite à cesser votre grève des soins qui ne peut que ruiner tous les acquis de votre traitement.» Puis il justifie sa politique. «Ma responsabilité est de dire la vérité… La politique de santé que je veux conduire a pour objectif d’assurer pour tous une meilleure qualité des soins… Le vieillissement de la population et l’apparition de nouvelles pathologies exigent des investissements importants. Ce serait une faute de renoncer à nous préparer collectivement à affronter l’avenir. Au fond, les franchises sont l’expression à la fois de notre responsabilité et de notre solidarité. En outre, les franchises ne privent pas de soins les plus vulnérables».

De fait, cet argumentaire est de plus en plus remis en cause. «Il faut à tout prix un moratoire», martèle le Ciss (Collectif interassociatif sur la santé), qui regroupe les grandes associations de malades. «Il ne s’agit pas d’approuver ces grèves qui constituent un mode d’action dangereux. Mais nous partageons leur combat pour la garantie effective du droit à la santé.»


Du thé vert contre le cancer de la prostate

  

Boire plusieurs tasses de thé vert par jour pourrait être bénéfique pour diminuer les risques de cancer de la prostate.

Une étude japonaise, publiée sur le site de l'American Journal of Epidemiology, a été menée sur près de 50 000 hommes de 40 à 69 ans, en suivant leur alimentation et leur état de santé de 1990 à 2004. Ainsi, il aurait été démontré que le risque de développer un cancer de la prostate était deux fois moins élevé chez les hommes consommant au moins cinq tasses de thé vert par jour, comparé à ceux qui en boivent moins d’une.

La catéchine, contenue dans le thé vert, abaisserait le niveau de testostérone, hormone qui ferait partie des facteurs de risques du cancer de la prostate. Les populations asiatiques développant beaucoup moins ce type de cancer que les Occidentaux, le thé vert est apparu comme un élément distinctif d'ordre alimentaire entre ces populations.

Source : American Journal of epidemiology, “Green Tea Consumption and Prostate Cancer Risk in Japanese Men: A Prospective Study”, Vol. 167, Janvier 2008.


Stress, dépression, suicide au travail, Les entreprises tardent à agir

  Les risques "psycho-sociaux", stress ou dépression, qui conduisent parfois au suicide, sont insuffisamment pris en compte par les entreprises, ont estimé des professionnels de santé à l'occasion de la Journée mondiale de la santé et de la sécurité au travail samedi.

Les suicides de trois salariés du technocentre de Renault à Guyancourt (Yvelines) en quatre mois, ceux de quatre agents de la centrale EDF de Chinon en deux ans, ou encore plus récemment celui d'un ouvrier de PSA Peugeot-Citroën sur son lieu de travail à Mulhouse, ont mis sur le devant de la scène un phénomène qui existe depuis longtemps, souligne Dominique Chouanière, médecin épidémiologiste et chef du projet "stress au travail" à l'INRS (Institut national de recherche et de sécurité).

"Avant, les médias en parlaient moins, mais nous avions déjà ce type d'information, évoquant des cas de suicides répétitifs au sein d'entreprises", souligne-t-elle.
La France n'a pas de chiffres officiels sur le nombre de suicides liés au travail. "Rien que sur le nombre de suicides sur le lieu de travail, on devrait au moins avoir des données précises. Mais ce n'est pas le cas, car ces décès sont très faiblement déclarés en accident du travail", souligne Mme Chouanière.

Même constat pour Christian Larose, vice-président du Conseil économique et social (CES), qui "suit le problème depuis des années". Dans une étude réalisée à titre personnel, il a évalué "entre 300 et 400 cas par an" le nombre de suicides liée au travail. Ce chiffre est certainement sous-évalué, estime-t-il, ce que confirme Mme Chouanière, qui se dit "effarée par la façon dont les entreprises dénient la part du travail responsable d'un suicide", imputant souvent le drame à une personnalité fragile du salarié.  Le suicide d'un salarié, mais aussi l'absentéisme, un turn-over important, un mal-être ambiant, ou des cas de violences, sont pourtant des signaux d'alerte d'une situation de travail très dégradée, qui demande une réponse d'urgence, souligne la chef de projet de l'INRS.  Il doit aussi y avoir une réponse de prévention, avec dans l'entreprise de véritables engagements pour agir sur les sources du problème : organisation du travail, modes de relation, gestion des ressources humaines, explique-t-elle.  Selon l'OMS, la France est le troisième pays, derrière l'Ukraine et les Etats-Unis, où les dépressions liées au travail sont les plus nombreuses, souligne l'Union nationale des cliniques psychiatres privées (UNCPSY, 160 cliniques privées). Selon elle, "la prévention de la santé mentale au travail est encore balbutiante".
"On a de plus en plus de patients en état d'épuisement professionnel, qui viennent consulter tardivement, pour des raisons d'anxiété par rapport à leur travail, d'angoisse de perdre leur emploi", souligne Olivier Drevon, médecin psychiatre et vice-président de l'UNCPSY. "Ils arrivent souvent après un passage à l'acte", qui peut être une tentative de suicide, ou un débordement du comportement, des violences, des conduites addictives (alcool, drogue, médicaments), explique-t-il.

Ces cas sont "en augmentation", souligne-t-il, et touchent toutes les catégories : cadres, mais aussi caissières, ingénieurs, chauffeurs de bus...
A l'occasion de la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail, samedi, le Bureau international du travail (BIT) à Genève a estimé dans un rapport publié vendredi que deux millions deux cent mille personnes meurent chaque année dans le monde de maladies ou d'accidents liés au travail.


1 2 3  Suivant»