Le 26 novembre 1901, Aloïs Alzheimer, neurologue allemand, examine pour la première fois une femme de 51 ans qui oublie son nom au fur et à mesure qu’elle l’écrit. C’est en 1906, que le Dr Alzheimer décrira l’évolution de cette maladie particulière et inconnue jusqu’alors qui sera bientôt associée à son nom. Un siècle plus tard, que sait-on de cette affection ?

Les fréquences d'apparition de la maladie sont de :

        - 5 à 7 % entre 65 et 79 ans ;

       - 20 % chez les plus de 80 ans ;

       - 32 % chez les plus de 90 ans.
 

Des signes pas si anodins que cela !

Dans un premier temps, le malade est atteint de troubles de la mémoire. Un oubli des événements récents, des noms familiers, puis des faits anciens alertent le sujet ou l'un des membres de sa famille. Progressivement, le malade perd la notion du temps et de l'espace ; le rythme jour/nuit s'inverse. Très vite, il peine à s'exprimer, car les mots lui manquent et ses phrases deviennent incohérentes.  

Une évolution lente mais certaine

Progressivement, le déficit s'accentue et les troubles concernent les déplacements, l'autonomie, les gestes de la vie courante. Le malade se trompe de trajet, répète les mêmes histoires, n'arrive plus à faire fonctionner les appareils ménagers, à compter son argent, etc. L'évolution de la maladie est handicapante et peut éventuellement mettre la personne en danger. Ainsi, oublis et pertes de mémoire, erreurs de la vie quotidienne, coexistent avec des périodes de conscience.

C'est une situation très angoissante pour le malade. L'anxiété est d'autant plus marquée que sa relation au monde est altérée : la conversation devient laborieuse, car la personne oublie ce qu'elle veut dire, est incapable d'évaluer les conséquences de ses actes et devient impulsive. Une phase de dépression, d'indifférence ou de méfiance marquée peut alors survenir. Plus la maladie évolue, plus les symptômes sont exacerbés. Le malade peut également avoir des réactions de panique qui le conduisent à crier, pleurer ou à devenir violent pour exprimer sa souffrance.

Un diagnostic d'élimination

Le diagnostic de maladie d'Alzheimer ne peut pas être affirmé de façon formelle. Dans un premier temps, le praticien devra distinguer la probable maladie d'Alzheimer des autres maladies, qui peuvent provoquer les mêmes symptômes, et sont éventuellement curables. Le médecin pourra donc réaliser de nombreux examens, en particulier un électroencéphalogramme, un scanner et une analyse du liquide céphalorachidien obtenu par ponction lombaire. Il fera également passer au malade des tests particuliers, dits psychométriques, (dessins, reproductions de gestes, séquences motrices) qui permettront de suivre l'évolution de la maladie.  

Traitement médical et comportemental : des progrès à accomplir

Depuis quelques années, des médicaments sont utilisés pour lutter contre la maladie d'Alzheimer. Ils permettent d'améliorer la qualité de vie du patient, de diminuer les symptômes de la maladie, parfois de ralentir son évolution. Mais ils ne traitent pas ses causes, qui sont encore mal connues. Il semble qu'un traitement précoce soit plus efficace. Il est donc important d'évoquer suffisamment tôt le diagnostic de maladie d'Alzheimer.

- Les coordonnées de l’association France Alzheimer sont : 21, Boulevard Montmartre. 75002 Paris. Téléphone : 01 42 97 52 41.